© RéLouE, février 2012
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© RéLouE, février 2012
©RéLouE, février 2012
Fontaine Bartholdi, place des Terraux, Lyon.
©RéLouE, février 2012
C’est quelque chose que l’on arrache. Quelque chose que l’on retire, dans l’urgence, avec précaution : c’est un battement de cœur. Un battement de cœur que l’on arrache, que l’on retire, dans la précipitation, dans la douleur.
Parce qu’il n’y avait rien d’autre à faire. Parce que c’était un battement qui frappait, qui voulait sortir, qui réclamait. Un battement auquel on ne pouvait rester sourd. C’était un coup, un coup comme un cri, un coup comme un souffle. Alors on l’a enlevé. Enlevé avec des pinces fines, doucement d’abord, puis d’un geste sec. Comme une épine sous la peau. Comme une décharge électrique. Cela n’a duré que le temps d’un instant, le temps d’un battement. Mon battement. Il était au fond de moi. Mon battement de cœur au profond de mes tissus, caché là depuis si longtemps, prêt à bondir, prêt à gravir, prêt à sortir. Un battement volatile qui voulait s’élever, comme une bulle d’air au fond de l’océan, comme un ballon arrimé dans un champ. Il fallait bien la retirer cette bulle, cette montgolfière, ce souffle, cet instant. Car pour le protéger mon battement, pour le garder enfoui, mon cœur ne cognait plus, de peur que le précieux trésor ne s’échappe. Alors je ne savais plus aimer, et je ne pouvais plus vivre. Les savants l’ont préconisé, les spécialistes l’ont prescrit, il fallait arracher le battement, comme on arrache une prise électrique, comme on arrache un secret, comme on arrache une tumeur, comme quand on arrache un cœur.
Alors ils ont arraché mon battement de cœur. Mon battement secret, mon battement caché, mon battement périlleux.
Et ce battement, sais-tu ce qu’il était ? Ce battement, c’était tes yeux dans le miens ce matin précis d’hiver où rien d’autre ne respirait. C’était un battement d’amour. Et je t’aimais.
© Réloue, janvier 2012
Les mots sont partis.
Les mots se sont enfuis. Les mots m'ont été arrachés. Arrachés à coeur et à cris, arrachés à peur et à vie.
Les mots ont séchés. Ils se sont agglutinés quelque part, à quelque extrémité. Les mots ont été mis au rebus, jetés sur le tas des indésirés. Les mots me manquent, et tout me manque, l'envie, le sang, l'encre, et puis la vie.
©RéLouE, novembre 2011
... il y rêvait.
© RéLouE, juillet 2011
Je vis au bord du vide.
Je vis au bord du vide comme l'on vit au bord de l'eau.
J'y trempe un pied, pour le sentir, pour le toucher.
Je vis au bord du vide pour ne jamais y tomber.
Pour apprendre à le connaître, à m'en méfier et à l'aimer.
Je vis au bord du vide et m'en nourris,
je le fais consistance,
je le fais substance,
je le fais essence.
Je vis au bord du vide comme au bord de mer,
je le contemple et le respire,
il se soustrait et se retire.
Je vis au bord du vide pour être sur la terre.
Je vis au bord du vide pour l'affronter.
Je vis au bord du vide pour le défier.
Vide je regarde et je sais ta beauté,
Vide je connais l'infini aspiré.
Je vis au bord du vide.
Pour savoir qu'il est là.
Et que moi.
Je n'y suis pas.
© RéLouE, août 2011
Quel étrange calcul
Que celui d’une pendule
Qui s’arrête chaque soir
Sur l’instant de l’espoir
Claque au bout de l’attente
Dix-sept heure quarante
Je m’agrippe à cette minute
Pour mes illusions je lutte
Pour que ma raison tremble
Que mon cœur se rassemble
Au garde à vous de ton corps
Et le trouble faire éclore
Être enfin une femme
Au profond de mon âme
Exister pour quelqu’un
En frôler le destin
A l’asthénie de ce couloir
Aux lumières qui se cognent dans le noir
Je consume l’envie
Que s’allume l’incendie
Que s’embrase le chemin
De tes yeux vers les miens
Que peut-être à nouveau
Ton regard brûle ma peau
Toi qui jette parfois dans ce train
A cette heure terrible que je crains
Ta présence en silhouette
Que trébuchante je guette
Mais dis moi te reverrai-je
A quel vœu à quel rêve
A laquelle de mes pensées
Te trouverai-je accroché
Dans quel songe dans quelle sonde
A quelle heure à quelle seconde
Dans quelle rame seras-tu
A quelle habitude à quel inconnu
Et combien faudra-t-il
Cinquante fois ou bien mille
Que la foule me déçoive
Que ton vide j’aperçoive
Dans cette station de métro
Sont ceux qui sont de trop
Ceux qui peuplent le trajet
Depuis toi aux regrets
J’aimerais me souvenir de ta voix
Ne m’en rappelle que l’émoi
Amoureuse de ce qui m’attire
Sinon de toi ton désir
Je me serre aux instants
De mon pouls le battement
Qui s’affiche digital
Sur le temps qui s’étale
Je me fais souterraine
Aux minutes soudaines
Interdite sur le quai
Je t’attends en secret.
©RéLouE, mai 2011.
...se sOnt aloRs méLangés
sur la langUe que l'iRis
a déCidé de Tirer.
©RéLouE, mai 2011
© RéLouE, avril 2011
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